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Un premier Jour du Souvenir à l’Université de l’Ontario français

Le 11 novembre marque dans nos mémoires la fin des combats de la Première Guerre mondiale. À ce souvenir, s’ajoutent les sacrifices qu’ont faits, au sein des Forces armées, des générations de Canadiennes et de Canadiens en risquant leur vie au nom de la liberté et de la paix dans le monde. Des femmes et des hommes qui encore aujourd’hui poussent les limites pour le bien être de toutes et tous. Souvenons-nous aussi que derrière ou à leurs côtés, se trouvent leur famille et leurs proches qui composent au quotidien avec les nombreux aspects de ce qui constitue la vie militaire.

Dans votre cercle social, il se trouve forcément une personne touchée de près ou de loin par cette vie bien différente. L’Université de l’Ontario français ne fait pas exception. Certains le savent et d’autres le découvriront; nous comptons parmi nous quelques vétérans. Ce sont elle et eux, tout particulièrement, que nous voulons célébrer aujourd’hui. Nous souhaitons les remercier pour leurs années de services.

Denis Berthiaume, Catherine Déri, Luc Blanchette et Claude Bellerose, merci!

Nous avons eu la chance de nous entretenir avec quelques-uns d’entre eux qui nous ont partagé leur parcours ainsi que la manière dont ils voient le monde aujourd’hui.

 

Par Anaïs Latulippe 

 

 

Claude Bellerose, originaire de Trois-Rivières, directeur des installations et de la sécurité.

Raconte-nous ton parcours dans les Forces armées canadiennes.

« Un ami de famille m’a parlé de ses études payées par les Forces armées canadiennes en échange de 4 ans de service. Ayant le profil parfait; de bonnes notes à l’école et étant sportif, j’ai été accepté en Génie civil au Collège militaire de Saint-Jean et de Kingston. Je voyais les années de services que j’avais à faire comme une opportunité d’obtenir de l’expérience de travail dans mon domaine. Deux ans après mon diplôme d’ingénieur, on m’a offert d’aller poursuivre mes études et de faire une Maîtrise en Géomatique à l’Université du Nouveau-Brunswick. Pour chaque mois d’étude, je devais promettre deux mois de services.

Je me suis vite aperçu que j’aimais faire partie des Forces, c’était devenu plus qu’une opportunité d’étude ou de travail, c’était un style de vie qui désormais m’était propre.  Ainsi mes 4 années de service se sont vite transformées en une carrière de 27 ans dans l’Armée à titre d’ingénieur militaire. Cette spécialité m’a donné la chance de travailler au service de cartographie de l’armée. Et, j’ai été déployé dans l’Arctique canadien, j’en ai vu du pays!

Par la suite, on m’a offert de faire un échange avec l’Armée britannique durant 3 ans. De là-bas, j’ai été déployé au Belize, au Kenya, en Allemagne, à Chypre et au Congo-Brazzaville pour plusieurs missions.

Puis la première guerre du Golfe est arrivée en force, et on m’a nommé officier des opérations pour le régiment britannique alors que je n’avais pas le grade de major puisque j’étais encore capitaine.

Par la suite, en 1995, je suis allé en Croatie, à titre de chef du secteur sud pour les Nations Unies. Durant cette mission, j’ai survécu à l’offensive croate contre les Serbes (l’opération STORM).

À mon retour au Canada, j’ai enseigné au Collège militaire de Kingston durant 3 ans tout en étant directeur adjoint de l’administration. Puis, j’ai été responsable des infrastructures de la base de Kingston.

Enfin, j’ai été promu à Ottawa pour travailler avec le directeur de l’environnement et des infrastructures en tant que chef d’une équipe d’ingénieurs et d’architectes.  Je faisais de la gestion de projets de constructions à travers le Canada.

J’ai décidé de prendre ma retraite des Forces en 2003 au rang de Lieutenant-Colonel. Mais j’ai continué de travailler à la base de Kingston comme officier de la planification des biens et de l’immobilier.  Puis, ma carrière a pris un tournant vers les  services correctionnels canadiens alors que j’avais la responsabilité de la construction et de la maintenance des prisons fédérales en Ontario, avant de revenir à KInsgton, cette fois à l’Université Queens comme directeur de la planification et de la construction. Et enfin, au Conseil scolaire Viamonde à titre de gestionnaire des projets de construction. »

Que fais-tu aujourd’hui à l’UOF?

« Je suis directeur des installations et de la sécurité du campus! Je m’assure que tous les membres du personnel ainsi que les étudiant.e.s soient en sécurité. Je suis également le point de contact pour la police de la ville de Toronto.

Tous les jours, je m’assure que tout soit prêt et en ordre pour vous accueillir. »

Qu’est-ce que ta carrière au sein des Forces militaires t’a appris que tu utilises encore aujourd’hui?

« Tout! Mais surtout d’être proactif et de toujours planifier les choses. Il faut savoir planifier des plans a, b, ou c car la vie nous réserve toujours des surprises. Il faut être prêt à tout.

Il ne faut pas avoir d’œillère, mais une vision large des choses. Il faut être conscient de son environnement, mais aussi de l’impact qu’il a sur celui des autres.

Il faut avoir des compétences diversifiées pour te permettre d’être transdisciplinaire dans tes approches! Et surtout savoir demander de l’aide quand on en a besoin. » 

Que représente le 11 novembre pour toi?

« Le 11 novembre porte vraiment bien son nom, c’est le Jour du Souvenir, mais je dirai de souvenirs, au pluriel.  Quand j’étais plus jeune, le 11 était essentiellement une commémoration de la 1re et la 2e Guerre mondiale puis celle de Corée. Les vétérans étaient tous des hommes âgés. Mais aujourd’hui, la définition d’un vétéran a évolué. C’est quelqu’un qui a servi dans les Forces, qui a été déployé et qui peut avoir seulement 40 ans.

Alors je dirais qu’on doit se souvenir aussi de ces personnes-là et des sacrifices qu’ils ou elles ont faits pour nous. 

Aujourd’hui, les membres des Forces armées ont de jeunes familles qui elles aussi font des sacrifices. Je me souviens que moi j’étais toujours partie et j’avais de très jeunes enfants. C’est important de se souvenir des sacrifices que les familles font pour soutenir leur être cher qui se trouve dans les Forces.

En tant que vétéran, le 11 novembre, je pense à tout ça. »

Comment vois-tu le monde?

« Le monde évolue vite et parfois pas assez.  Avec tous les modes de communications disponibles aujourd’hui, c’est paradoxal de voir comment les gens ne savent plus se parler.  Combien de gens passent à côté de vous sans vous saluer? Parfois, ils vous disent bonjour, mais n’attendent pas votre réponse. Les gens prennent rarement le temps de parler aux autres de manière sincère et c’est dommage, car on a tellement à apprendre des autres.

L’aspect humain est très important pour moi. Non seulement sur le plan personnel, mais aussi pour le travail, car reconnaître les forces des autres nous permet de mieux travailler. » 

 

 

Luc Blanchette, originaire de Timmins, conseiller principal en techno pédagogie

Raconte-nous ton parcours dans les Forces armées canadiennes.

 « J’ai rejoint les Forces armées canadiennes en 2001. À l’époque, j’étais technicien médical. Puis, j’ai suivi une formation de paramédical en Colombie-Britannique et enfin de technicien médical à la base de Borden, ici en Ontario. Puis j’ai travaillé dans le domaine quelques années à la base de Bagotville au nord de Chicoutimi.

 

Peu de temps après, grâce aux Forces, j’ai pu déposer ma candidature pour suivre un programme de formation universitaire en Éducation des adultes suivi d’une Maîtrise en Formation à distance et un Doctorat en Éducation, leadership et apprentissage.

Enfin, j'ai travaillé comme officier du développement de l'instruction dans les Forces canadiennes pendant les 12 dernières années! J'ai eu la chance d’œuvrer dans plusieurs différents centres de formation au sein des Forces pour développer des stratégies de formation innovatrices et pertinentes. 

Il y a quelques années, j'ai été déployé au Liban ce qui m'a donné une autre perspective du monde! Je me suis rendu compte combien nous sommes choyés au Canada. 

En avril 2022, je prends ma retraite, je quitterai les Forces en tant que Lieutenant-Colonel pour me consacrer à mon nouveau poste ici à l’UOF. »

Que fais-tu aujourd’hui à l’UOF?

« Aujourd'hui je suis le conseiller principal en techno pédagogie. Ce qui est une belle suite pour ma carrière. L’Université étant toute récente, il y a certains défis à relever, mais c’est très motivant et cela alimente ma passion. L’UOF est un projet de longue date qui voit le jour et je suis content d’en faire partie! »
 

Que représente le 11 novembre pour toi?

« Le 11 novembre représente pour moi une opportunité de réflexion et de souvenir. Je me rappelle mes amis et celles et ceux avec qui j'ai servi au cours de mes 20 ans dans les Forces armées canadiennes. En ce jour du 11 novembre, on se souvient de celles et ceux qui sont passés avant nous. J'ai quelques amis qui ont payé le prix ultime. Ce sont des gens de mon âge qui ne sont jamais revenus d'une zone de conflit et que leur famille ne reverra plus jamais. »
 

Comment vois-tu le monde?

« Je vois le monde comme une grande tasse avec des gens de différentes cultures et de différents parcours qui essaient de leur mieux pour vivre et survivre. Nous sommes choyés au Canada de vivre de la manière dont nous vivons, il ne faut jamais oublier pourquoi nous avons tout ce que nous avons. J’essaie par mon service, mon travail et mon bénévolat de contribuer à une société qui sera un endroit plus sécuritaire pour ma famille et mes proches. »

 


Denis Berthiaume est professeur titulaire et vice-recteur délégué aux études et à la recherche.  Il est diplômé du Collège militaire royal de Kingston (1991). Il a servi dans la Marine royale du Canada d'abord comme officier des opérations maritimes puis comme officier des affaires publiques de la Marine de 1991 à 1995. Il a participé à diverses missions internationales au Koweït, en Norvège, aux Pays-Bas en Croatie et à Haïti. Il a quitté les Forces canadiennes en 1995 avec le grade de Lieutenant de marine.


 

Catherine Déri est professeure associée au Pôle d'enseignement et d'apprentissage. Elle a servi pendant 25 ans dans les Forces armées canadiennes à titre d'Officier logistique. Au Canada, elle a occupé plusieurs postes de leadership, dont celui de Commandant d'une force opérationnelle de 600 personnel militaire et civil durant une opération interagence et multinationale dans le Grand Nord. À l'étranger, elle a participé à une mission de maintien de la paix en Bosnie-Herzégovine et à des opérations contre le terrorisme en Afghanistan et en Irak. Cependant, c'est lors de son affectation comme Chargé de cours au Collège militaire royal du Canada le Colonel Déri a eu la piqure pour le domaine de l'éducation dans lequel est œuvre à temps plein depuis sa retraite de l'Armée en 2019.


Cher.ère.s collègues, au nom de l’Université de l’Ontario français, nous vous remercions.